ADIKIA

Avec Adikia, Jacques-Bernard Roumanes, nous offre plus que quelques pages d’une prose exquise, bien plus même que ces miniatures en prose évoquées par le sous-titre de son livre.

Roumanes nous distille 76 pages de pure jouissance esthétique au coeur de l’intimité d’un atelier d’artiste.

Avec précision, minutie et délicatesse, il nous brosse la relation lumineuse qui existe entre l’artiste-peintre et son modèle… un modèle dont le rayonnement sublimise la véritable profondeur du talent du peintre, et cela, par sa seule présence abandonnée… un modèle anonyme dont la grâce brute et généreuse, passionnément modelée par les doigts de l’artiste fera jaillir de la froide lumière d’un atelier souvent miteux, à tout le moins banal, l’oeuvre — pas encore immortelle, mais déjà immortalisée — encore toute ruisselante de la Vie même du modèle alangui… un modèle qui vient de faire don de sa Vérité à l’Art.

Mais Roumanes, ce breton devenu il y a quelques années montréalais d’adoption, fait encore plus : au fil de ses réflexions esthétiques un rien philosophiques, c’est une véritable leçon de vie qu’il nous donne.

Ce petit livre publié aux éditions Leméac enchantera bien évidemment tous ceux que l’art passionne ou qui en ont fait leur raison de vivre, mais il saura plaire également aux amateurs de Belles Lettres par son écriture toute en finesse, sensible et intelligente.

Pour ma part, sa lecture vient d’ensoleiller une glaciale après-midi de mon hiver canadien. Adikia restera pour moi une de ses rencontres littéraires étonnantes que l’on fait lorsqu’on s’y attend le moins.

Davantage que des «miniatures en prose», voire de la prose poétique : Adikia est nulle autre chose que de la poésie … en prose !

Adikia
Jacques-Bernard Roumanes
82 pages (1999)
Leméac

© Alexandra S. Holstein
LivresPlus
Montréal, 2000