|
VIVRE, AIMER ET MOURIR EN NOUVELLE-FRANCE La vie quotidienne aux XVIIe et XVIIIe siècles
Il énumère, collecte et collige avec une rigueur et une objectivité évidentes les informations quil classe par thèmes et qui font de ce livre une véritable bible pour les férus dHistoire. Ici, point de grande théorie ou fresque historique connue de tous, mais surtout de petites histoires sur la manière dont vivaient les gens simples du peuple, ce terreau fertile sur lequel quelque soit les pays, les peuples daujourdhui se sont développés. Le tout est constellé dextraits de textes dépoque exhumés de quelque registre officiel ce qui donne à cet ouvrage l'aspect dun authentique témoignage. Cest une chronique du quotidien, impressionnante de précisions, un véritable reportage en direct dont lapproche humaine nous aide à comprendre et à appréhender avec coeur la réalité du « petit » peuple dalors. Lécriture est simple, dépouillée, efficace sur la forme. Elle distille le fond en nous rapportant lessentiel de linformation historique. Articulé en plusieurs parties ou thèmes chronologiques, Vivre, aimer et mourir en Nouvelle France suit simplement les phases normales de toute vie humaine dans la société, de la naissance à la mort, en passant par la jeunesse, le mariage, la famille, la maladie, la vieillesse. Le point de vue est essentiellement sociologique, statistique et comparatif. Après chaque thème, une bibliographie étoffée invite le lecteur à aller puiser dans les ouvrages de référence les compléments dinformation désirés. En outre, cette étude de moeurs permettra à ceux qui voudront pousser la réflexion un petit peu plus loin de comprendre au travers des lignes, limpact sclérosant de lÉglise et la manière dont ce peuple de Nouvelle-France a grandi et sest développé. En effet, à cette époque la religion est omniprésente et quasi omnipotente dans la vie quotidienne de nos ancêtres car, comme le souligne si bien, André Lachance, lÉglise dalors ne se contentait pas de surveiller «les âmes», elle imposait son droit de regard également sur «les habitudes du corps.» Et même si indociles jadis, les Canadiens portent quand même quelque part en eux aujourdhui encore cet atavisme clérical. Un excellent livre à lire et à relire. Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France © Thierry Valois |