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La lettre d'Égypte
L’ambiance étouffante, subtilement mesquine ou ouvertement hostile qui règne sur son lieu de travail — jointe à la monotonie de tâches peu valorisantes et à son impuissance frustrante face à certains des cas qui lui sont soumis — pousse Renée, gagnée par un mortel ennui, à s’interroger de plus en plus sur son avenir au sein de la fonction publique fédérale… et j’aurais fait pareil à sa place ! Un événement inattendu va pourtant secouer son terne quotidien de façon irréversible : l’arrivée à son ancienne adresse d’une lettre destinée à Jacqueline, son amie et co-locataire, décédée deux ans plus tôt d’un cancer. La lettre qui porte la mention «Urgent», vient d’Égypte. Qui est donc son auteur, la mystérieuse Sabine ? Jacqueline n’avait pourtant plus de famille là-bas… Mais surtout de quels lourds secrets — croyant sa fin prochaine — Sabine semble-t-elle vouloir désespérément se confesser pour en alléger le poids douloureux ? Renée a déjà commencé son enquête auprès de Georges et Mona, deux amis de Jacqueline, émigrés comme cette dernière au Canada lorsqu’elle découvre que la lettre qui depuis quelque temps retient toute son attention, a été postée à Alexandrie, en 1981 … il y a donc maintenant six ans… ! Un bien long voyage pour une lettre… Mais elle voyageait à bord d’un avion égyptien abattu en 1981, au-dessus du désert de Lybie, sur ordre du général Khadafi pour avoir imprudemment violé l’espace aérien de son pays. Les pourparlers administratifs et diplomatiques qui en découlèrent, eurent de bien inhabituels otages : des sacs postaux. Extirpée presque malgré elle de l’ankylose routinière dans laquelle l’avait plongée son travail, Renée donne sa démission sur un coup de tête et part pour l’Égypte, à la recherche d’une femme dont elle ignore presque tout, mais qui semblait en réel danger lorsqu’elle a expédié sa missive : Sabine. Patricia Bittar, l’auteur, est née à Khartoum, de parents syro-libanais nés eux-mêmes en Égypte. Avant d’émigrer au Canada avec elle, sa famille a vécu au Soudan et en France. Nul doute que le mélange de ces différentes cultures, tout en élargissant son creuset personnel, a grandement contribué à lui donner une ouverture de cœur et d’esprit qui rejaillit incontestablement dans son écriture. Celle-ci, naturelle et dotée d’une belle fluidité, ne manque pas pour autant de consistance. Sa connaissance personnelle des lieux et des gens qui constituent la toile de fond tant géographique que sociologique de son roman est évidente et ils sont décrits avec un réalisme plus vrai que nature… Son quotidien professionnel dans la fonction publique canadienne est tellement bien dépeint qu’il a de quoi vous décourager de vouloir y faire carrière ! Quant à l’Égypte, sa société bourgeoise et ses petites gens, Patricia Bittar excelle dans l’art de les croquer sur le vif. Elle nous livre en outre une intrigue qui pourrait être l’histoire vraie arrivée à l’un d’entre nous et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce roman original, fort agréable à lire. Patricia Bittar est un auteur qui mérite toute notre attention, car elle est dotée d’un réel talent d’écrivain qui ne demande qu’à s’épanouir au fil d’une œuvre en devenir. Patricia Bittar signe donc avec La Lettre d’Égypte, un premier roman très prometteur. La
Lettre d’Égypte ©
Alexandra S. Holstein
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