J’AI ÉPOUSÉ UNE POUPÉE GONFLABLE

Moins d’un an après le début de leur relation, Geneviève quitte Francis, notre narrateur.  Elle le quitte pour son prof de tennis et c’est bien ce qui le décourage.  Car Francis a une théorie là-dessus : il existe des catégories professionnelles contre lesquelles le vulgum pecus ne peut pas lutter, des professions mythiques qui, à elles seules, séduisent en un rien de temps, les plus farouches.  Et celle de professeur de tennis est du nombre. 

Jean, le meilleur ami de Francis, ne ménage pas ses efforts pour lui organiser des rencontres et tenter de trouver aussi vite que possible, la remplaçante de Geneviève.  Mais en vain. 

Francis végète tout seul dans son coin, aux prises avec un célibat forcé peu fait pour lui.  Il s’ennuie à mourir et trompe le temps comme il peut :  au travail il fait des guirlandes avec des trombones et chez lui, il trie ses céréales en forme d’alphabet pour y dénicher un très improbable «G».

Le hasard va pourtant mettre bientôt sur sa route le quasi-sosie de Geneviève : la pulpeuse et très docile Sheila.  Plutôt casanière, Sheila n’est pas très causante.  Elle a aussi la fâcheuse habitude de se dégonfler lorsqu’on s’y attend le moins…   Et pour cause… c’est une poupée gonflable !

En dépit du titre, ne vous y trompez pas : J’ai épousé une poupée gonflable n’est pas un roman scabreux, mais simplement une centaine de pages de pure détente.  Ce premier roman de Louis-Thomas Pelletier est parfois tendre et émouvant, mais surtout fort drôle.  Le ton est satirique, parfois même cynique pour dépeindre les aléas des relations humaines mais aussi ceux d’une relation sentimentale, certes étonnante mais, néanmoins empreinte d’une grande tendresse et d’une  surprenante complicité.

Chaque chapitre est précédé d’une citation que vous apprécierez sans doute autant que moi.  Parmi ces citations très judicieuses, celle de Gian Vincenzo Lavina : «Un raseur, c’est quelqu’un qui vous prive de votre solitude sans arriver à être une compagnie.»  Pour le paraphraser, ce roman n’est donc pas un raseur car il a su être pour moi une très divertissante compagnie en une journée pluvieuse…  Pour tout vous avouer, je me suis même surprise à rire aux éclats !

Qui est donc cet auteur à la plume incisive et impertinente ??  Dans la trentaine, Louis-Thomas Pelletier est concepteur et rédacteur publicitaire, mais aussi enseignant à mi-temps à l’École nationale de l’humour.  Il a publié en 1993, Et si les poules avaient des dents ?… un recueil humoristique pour cet ancien étudiant en cinéma, passionné de scénarisation, universitaire en marketing et diplômé de HEC.  Comme quoi, il ne faut désespérer de rien… !

J’ai épousé une poupée gonflable….  Ce petit livre plein d’humour vous déridera facilement après une semaine pénible au travail. 

J’ai épousé une poupée gonflable
Louis-Thomas Pelletier
Roman
141 pages — 2002
Les Intouchables

© Isabelle Marandola
LivresPlus
Montréal, 2002