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LE
SANG DES BORGIA
Cette fascination avait commencé en 1983 lors d’un voyage en Italie. Par la suite, il n’a pas cessé de faire des recherches sur cette période passionnante de l’histoire et de se documenter sur le pape Alexandre VI et sa tumultueuse descendance dont les frasques et turpitudes en tout genre défrayaient la chronique de l’époque… Lorsque Mario Puzo décède en 1999, son livre sur les Borgia est presque achevé. Comme il le lui a fait promettre, c’est sa compagne, la romancière Carol Gino, qui finit la rédaction du dernier chapitre. En cet an de grâce 1492, — alors que Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde — débute le pontificat d’Alexandre VI et avec lui, le quasi règne d’une famille : la famille Borgia. Il est vrai que le cardinal Rodrigo Borgia est tout, sauf un pape ordinaire. Sa famille est au centre de toutes ses manigances et de ses intrigues en vue d’accroître chaque jour un peu plus ce pouvoir qui lui est si cher et qu’il veut étendre bien au-delà des limites du palais papal. Pour ce faire, la fin justifie les moyens et on comprend mieux pourquoi Machiavel s’est inspiré de César Borgia, l’un des fils d’Alexandre VI, pour écrire son «Prince». Le nouveau pape va multiplier les alliances diplomatiques indispensables à l’expansion géographique de son influence, moyennant s’il le faut ses enfants en mariage… Le lecteur découvre les héritiers de ce pontife hors normes et les outrances de la descendance papale n’ont bientôt plus de secret pour lui. César, Lucrèce, Juan et Geoffroi… leurs rêves de grandeur ou de vengeance, leur insatiable soif de pouvoir, leurs intrigues, leurs trahisons, leurs multiples turpitudes, mais aussi leurs amours, leurs forces et leurs faiblesses. Peu à peu, les protagonistes prennent corps : ils ne sont plus simplement ces personnages historiques tant décriés mais aussi des êtres de chair et de sang, certes souvent haïssables, mais cependant, attachants en raison de leur vulnérabilité, et ce, en dépit de leurs errances morales ou de leurs actes criminels. Avec beaucoup de maestria, l’auteur nous entraîne dans les dédales de la Renaissance italienne où les complots visant l’élimination pure et simple des ennemis du moment ou des prétendants mieux en vue étaient pratique courante. Puzo nous livre une fresque sans pitié d’une époque artistiquement faste mais où tous les coups bas semblaient permis dans les coulisses du pouvoir, y compris du pouvoir papal ! Il réussit à faire revivre sous nos yeux, l’une des grandes familles criminelles de l’Histoire et certainement l’une des plus célèbres et des plus scandaleuses, ne serait-ce que par la passion charnelle incestueuse unissant César et sa sœur, Lucrèce... Seul Puzo pouvait en effet décortiquer avec une telle aisance les rouages compliqués du clan Borgia, véritable famille maffieuse avant l’heure, avec son parrain, ses prétendants à la succession et ses hommes de main. Emporté par une reconstitution historique très réaliste, le lecteur se laissera très vite séduire par une intrigue adroitement construite dont l’intensité n’est jamais ralentie par des détails inutiles. Parfait scénario d’un film d’action sur fond historique, Le sang des Borgia se lit donc avec avidité et retiendra votre attention jusqu’à la toute dernière ligne. Une chose est sûre, avec cet ouvrage, Mario Puzo tire sa révérence avec panache… Le
sang des Borgia ©
Alexandra S. Holstein |